L'Épistolaire

correspondances

Les forces

La force, définie par le Grand Robert :

Puissance d’action physique; ensemble, concours d’énergies particulières; capacité de l’esprit; influence, pouvoir, puissance politique &c.; ensemble des armées, résistance (d’un objet); intensité ou pouvoir d’action (d’une chose) ex.: la force du vent; force de corps (en termes typographiques); pouvoir de contrainte; caractère irrésisbile (comme dans la force de  qqch); principe d’action, énergie, travail; cause capable de déformer un corps ou d’en modifier le mouvement, la direction, la vitesse, &c.

En latin, l’histoire du mot force a un curieux lien avec le hasard/destin/sort. Effectivement, fort, dans le concept latin, dérive directement de ce festus (fretum; «fixé») qui implique l’idée du «solide» pour avoir ce qui est fort; en d’autres mots, solidifé par des liens, donc résistant et par extension, inflexible. Or, c’est la même racine (fero, fors) qui donna (sero, sors), ce qui a rapport avec l’avenir.

portrait d'Isaac Newton, célèbre physicien ayant découvert la force gravitationnelle, par Godfrey Kneller, 1689

Fait cocasse : les sortes latines étaient des objets de divination composé par des baguettes, tablettes, cailloux unis par des fils. Le verbe latin sero signifie d’ailleurs «attacher». La raison très possible du glissement entre F et S tiendrait d’une histoire de phonologie, c’est-à-dire que ces lettres se ressemblent quant à leur mode de production, à savoir un souffle, la seule distinction étant comment il est dirigé. D’ailleurs, c’est la même cause qui a fait en sorte que de nombreuses consonnes se recoupent, comme F, V, B, P, &c.

Ainsi, fors finit par donner «hasard» et c’est d’ailleurs d’où viennent les expressions «fortune» et «sortilège». C’est d’ailleurs de là que viennent les expressions italienne forse et allemande vielleicht, «peut-être». Fors a aussi donné férocité et ses dérivés.

***

La force, donc, n’est pas un simple pouvoir physique, c’est une puissance qui se manifeste par un concours d’énergies particulières; en effet, une force brute ne peut pas se manifester sans que quelque chose la dirige, donc la cerne, demandant un certain contrôle d’énergies, comme dans «ramasser ses forces». Même chose pour l’idée de force mentale, l’ensemble d’énergies requises demandant une présence d’esprit, un éveil physique et mental, un calme une concentration se font très facilement nombreuses.

C’est d’ailleurs un rapprochement très facile à faire avec celui des «forces externes», c’est-à-dire, le concours de circonstances que représente justement le sort, ou tout simplement le milieu dans lequel on évolue, comme l’environnement, composé de tout ce qui «est autour», comme le dit si littéralement «circonstance» (circum + stans, «être debout — donc se tenir — autour» en latin).

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