L'Épistolaire

correspondances

Le sexe féminin

Le sexe a par tous les temps été vu comme symbole de division (sexe provient du latin sexus, lui-même dérivé de seco, «couper», donc la «séparation» des genres, trancher entre l’un et l’autre des deux parties complémentaires), mais aussi et surtout comme aboutissement à la plénitude. Effectivement, la recherche du sexe opposé étant l’un des principaux moteurs de l’activité humaine, il n’est pas surprenant que l’union, tout autant charnelle qu’émotionnelle (&c.), soit perçue comme orgasmique!

L'Origine du monde, de Gustave Courbet, 1866.

La vulve, lieu d’action, de plaisir, d’échanges et de création, suscite de forts symbolismes.  Le mot vulve dérive du concept de «vriller» de l’Indo-Européen WEL-, «tourner, pivoter»; le gotique walwjan, «rouler», enfin le welsh le définit en «roue» par olwyn. Ce serait donc la roue vitale…

Le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalien et Alain Gheerbrant en dit ceci, entre autres:

Désignée par euphémisme sous le nom de grande jolie mère, chez les Bambaras, elle est symbole d’ouverture aux richesses secrètes, aux connaissances cachées (ZAHB). Son symbolisme s’apparente à celui de la source, et aussi à celui de la gueule: elle prend et donne, avale la virilité et rejette la vie, elle unit les contraires, ou plus exactement les transmute l’un en l’autre, d’où le mystère dont est chargée son attraction, à la différence du sexe masculin, diurne et solaire. […] Ils le comparent à Dieu dans le dicton suivant: Dieu est comme le sexe de la femme; il est le Fort, le Puissant, il est Résistance, mais en même temps il est Attirance et Convoitise et enfin Abandon (ZAHB, 275). […]

Le mythe castrateur du vagin denté, que l’on rencontre à tous les carrefours de l’humanité et de l’histoire, suffit à prouver avec quelle puissance cette mystérieuse porte qui est celle de la vie et de la petite mort exerce sur l’homme sa fascination. Il n’est que de regarder l’Adam et l’Ève du triptyque de l’Agneau Mystique de Van Eyck pour saisir combien l’histoire de notre culture a été marquée par cette toute-puissante interrogation: celle de l’esprit devant le mystère de la vie, celle de la culture devant le secret de la nature; l’un est Adam, dans la figure duquel l’artiste s’est surtout attaché à représenter la tête demi inclinée sous l’effort de la pensée, tandis que face à lui Ève, avec une sorte de tranquille impudeur, cambre les reins, et présente son ventre.

Tryptique de l'Agneau mystique de Jan van Eyck, années 1430.

Le Ventre, quant à lui, a une symbolique beaucoup plus subversive. L’utérus, donc, la caverne (là, je me dois de penser à toi, Hérétik) de l’âme, pourrait-on dire, est un refuge, endroit de réconfort, mais peut aussi sous-entendre un refus de maturation. Il faut y voir la Genitrix, mère qui nourrit l’enfant, mais qui peut aussi le garder trop longtemps sous son sein, en le figeant en quelque sorte dans son état sous-développé, en l’empêchant d’acquérir une certaine indépendance. C’est aussi la faim qui régit le Ventre, donc le désir primitif d’avoir, de contrôler, du pouvoir.

Publicités

Une réponse à “Le sexe féminin

  1. Mébahiah 18 juin 2010 à 7:48

    La première pensée qui m’est venue:
    On comprend pourquoi la femme fit peur à l’église!!!! ( riressss)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :